Quartett
de Heiner Müller

Traduction : Jean Jourdheuil et de Heinz Schwarzinger

Mise en scène : Jürgen Genuit

Avec Valérie Capdepont, Cécile Delacherie, Jean Happe

Lumière : Christophe Turpault

Costumes : Hervé Poeydomenge

Graphisme : Thierry Esquirol

Crédits photos : Marc Valladon
Partenaires
IDDAC - Agence culturelle de la Gironde

Mairie de Bordeaux

Conseil Général de la Gironde

Office Artistique de la région Aquitaine - OARA

Théâtre en Miettes
Présentation
"Complices et rivaux,
Valmont et Merteuil,
les amants séparés, se lancent des défis.
L'objet en est la séduction et le déshonneur de leurs proies.

Dans l'isolement de leurs récits ils jouent tour à tour le rôle des conquêtes de Valmont.

La Marquise, dans le rôle de Valmont,
séduit d'abord la Présidente de Tourvel, jouée par Valmont,
Merteuil prend ensuite la place de sa nièce,
Cécile de Volanges,
Que Valmont a dépucelé sur l'ordre de la Marquise.
Merteuil s'est ainsi vengée du futur mari de la jeune fille.

Mais ce face à face,
nourri de passion et de haine, va dégénérer.
Pris dans ce jeu pervers,
ils finiront par régler leurs propres comptes,
ils se compromettront.

Se parlent-ils ?
S'écrivent-ils ?
Se voient-ils et s'entendent-ils ? L'amour un champ de bataille.
La guerre des sexes.

Leur prétendue supériorité les mènera
à la seule issue de leur insatisfaction :
la mort."
(Heiner Müller)

L'idéal serait aveugle et sourd-muet.
4 personnages, 3 comédiens, 2 protagonistes qui finissent dans l'isolement. Merteuil et Valmont sont séparés par leurs intrigues. Ils bougent dans un espace restreint, chacun évolue sur les cases d'un échiquier.
4 personnages, 4 carrés et aussi 4 costumes. Le changement de costumes et la position des comédiens sur le dispositif scénique sont essentiels. Ils illustrent la transformation d'un personnage en un autre.
Leur incapacité à se joindre et l'incohérence de leur mode de communication (malgré le désir de l'un envers lautre), révèlent deux langages totalement différents. C'est pourquoi Valmont est interprété par un comédien sourd. Avec le langage des signes, il jette dans l'espace les grands mouvements du texte du vicomte. Ses  mains  sont traduites par un personnage introduit que nous appelons  la Lettre . Elle est le médium par lequel Laclos avait choisi de faire communiquer les personnages des Liaisons. Elle deviendra ici l'instrument de leur passion, l'objet sur lequel s'acharnera leur instinct de destruction.
Le silence exalte les mots.
Le langage du corps, l'image, donne au verbe sa mobilité, là où l'expression sonore le fige.
Avoir aussi des mains pour parler, des yeux pour comprendre.
'Mon théâtre s'adresse à des corps et non pas à des têtes " dit Heiner Müller.
Tournée
1995

Création en septembre 1995 au Marché des Chartrons à Bordeaux