Eiréné
création franco-allemande Théâtr'Action (Bordeaux) - boat people project (Göttingen), prévue à partir de la saison 2019 / 2020

Texte allemand : Luise Rist

Concept et traduction : Jürgen Genuit
Mise en scène : Jürgen Genuit

Avec Murielle Pïquart, Alexandra Hökenschnieder, Vincent Di Santo, Jürgen Genuit

Scénographie et vidéos : Cyril Babin

Musiques et univers sonore : Hans Kaul

Production et diffusion : Armelle Bavière

Artistes associés : (ambassadeurs de la paix) Louise de Sédouy (France)

Partenaires

Production Théâtr'action (Bordeaux-France) & boat people project (Göttingen-Allemagne)

Avec le soutien du Consulat Général d'Allemagne de Bordeaux et le Goethe Institut de Bordeaux.

Théâtr'action est subventionnée par le Conseil Régional de la Nouvelle Aquitaine et le Conseil Départemantal de la Gironde.

Présentation
Présentation
 
Dans la continuité de ses projets Théâtr’Action projette pour la saison 2019/2020 une nouvelle création théâtrale, « Eiréné», projet franco-allemand, concept, traduction et mise en scène par Jürgen Genuit, commande d'écriture à Luise Rist, création musicale Hans Kaul. Un spectacle pour quatre comédiens, alliant théâtre et musique et questionnant les valeurs de la paix.

« Eiréné», est un projet franco-allemand en coproduction avec le « Boat-People-Project » de Göttingen. Le « Pfalzbau Theater » de Ludwigshafen et deux autres structures allemandes (à confirmer) sont également pressentis comme partenaires. L’auteur allemand Lutz Hübner a accepté le patronage du projet.
 
Côté français le projet a obtenu le « Prix de l’Initiative Européenne 2018 » décerné par la Maison de l’Europe de Bordeaux. Il est également intégré au dispositif "l'Année de l'allemand dans l'académie de Bordeaux" et sera valorisé sur le site du rectorat, particulièrement en ce qui concerne les volets de sensibilisation.

« Eiréné» intègrera des passages en français et en allemand tout en assurant une parfaite compréhension de l’intégralité du spectacle pour un public non germanophone.

Collaboration européenne, thématique engagée et citoyenne, dimension musicale et poétique, ce projet s’adressera au tout public à partir de 12 ans. La création sera accompagnée d’un vaste projet de sensibilisation, incluant notamment le volet des « ambassadeurs de la paix ».
 

Tentative de parler d’un texte qui n’existe pas… encore

Eiréné. Déesse de la paix en Grèce.
Eiréné. Prénom de jeune fille.
Eiréné. Prénom d’un jeune homme.
Eiréné. L’oiseau.

Il revient. Au nom des autres.
Il frappe à nos portes. Il demande peut-être asile.
Janvier 2020 ? Mai 2015 ?

Il cherche celles et ceux qu’il a perdus après que le napalm a incendié son village. Avril 1972 ?

Il a perdu tout repère dans les décombres de béton et de pierre sur le retour vers ceux qu’il a aimés. Mai 1945 ?

Il s’assoit à la table en bois, heureux de retrouver une pomme, puis un lit.
Un lit. Enfin. Après près de 1400 jours enfoncé dans la terre et la boue, dans le froid sous la pluie et sous le bruit fracassant et destructeur des schrapnels aveugles. Novembre 1918 ?

Il est à chaque fois face à deux autres. Un homme et une femme. Surpris de le trouver là. Troublés peut-être par sa beauté. Effrayés probablement aussi par celui qu’on ne connaît pas et qui peut représenter une menace. Ils ne savent pas très bien quoi faire de lui, et le renvoient alors sur son chemin d’errance.

Et c’est ainsi qu’Eiréné continue sa route. Ni les frontières, ni le temps n’ont encore une signification. Et c’est la présence de celle qui est peut-être sa mère, dont la voix et les notes composent la musique qui le rassure, qui le ramène à toutes ces petites choses qui valent simplement la peine d’être vécues. Ces choses qui s’appellent « amour » ou « bonheur », « harmonie » ou « sécurité »… Souvent naïves, parfois difficilement saisissables, tel un savon mouillé, elles semblent s’échapper, mais elles sont là, pourtant. Il suffit juste de s’arrêter pour les saisir. Pour les partager.

Eiréné. Son parcours y ressemble, mais ce n’est pas Beckmann de « Dehors devant la Porte » que nous rencontrons. Ce n’est pas le cri du désespoir qui résonne sur notre scène. C’est l’amour entre le fils et la mère qui triomphe face à la peur et la bêtise des autres. C’est la simple douceur qui nous prend par la main et qui nous fait traverser les murs de ce siècle pour nous montrer, à nous allemands, français, anglais, russes, américains, sénégalais, coréens, syriens, indiens, afghans… ce qui nous fait homme, ce qui nous fait femme, et ces choses essentiellement simples que nous partageons tous.

Elles sont nombreuses et souvent nous ne les voyons même plus.
L’une d’entre elles s’appelle Eiréné.

 
Luise Rist, conception d’Eiréné


Un jeune homme, qui vient de loin, se retrouve dans une ville française, où il frappe à la porte de n'importe quelle maison. Il n’y connaît personne. Il est très fatigué, il a faim. Quelqu’un ouvre la porte.

« Qui est là? » 

Le jeune homme représente un des milliers de réfugiés de nos jours. Malgré cela, il n'est pas présenté comme un réfugié. Eiréné a l’air étrange, non pas parce qu'il a le teint mat, mais parce qu'il porte un masque d'oiseau. Le masque nous permet de raconter une histoire de migration qui va au-delà d'elle-même.

L’oiseau a perdu son nid, celui-ci a été bombardé. Sa mère, perdue dans la patrie lointaine, elle le regarde de loin, comme dans un rêve.

Eiréné, c’est un homme, dont seulement le masque et quelques mouvements font penser à un oiseau.

« Vous vous appelez comment, Monsieur? »

Une femme a ouvert la porte, son mari se joint à elle. Une conversation s’engage avec l’étranger, il semble bien élevé et en plus il a l’air très beau. Ils l’invitent à prendre un petit café.
Eiréné. Il prononce le nom en français. Irène, répètent les deux, mais c'est un nom de femme, et en particulier un nom français.

Eiréné ne comprend pas. Sa mère lui a toujours dit qu’il faut s’intégrer.

« D’où vient votre nom? »

Il dit son nom encore une fois, et il le prononce grec. Eiréné.
Ohlàlà! Le couple ne trouve pas ça drôle. L’étrangeté du nom ne leur plaît pas du tout. Ils se regardent l’un l’autre. Le jeune homme, d’un coup, leur semble très étrange.

« D’où venez-vous à l’origine? »

On entend la mère d’Eiréné qui parle du vol de l’oiseau. Elle utilise des métaphores, elle décrit une vie, qui ressemble à la nôtre, mais elle vient d’ailleurs. Il s’agit d‘une zone de guerre n’importe où.

Finalement la porte se ferme. Le couple ne supporte plus cet être humain à l’intérieur de ses quatre murs. C’est qui, l’étranger?

Mais dès qu'il est sorti, l'homme et la femme se disputent. Lui, il accuse sa femme d’être trop gentille avec cet homme venant d’un pays barbare. La femme, de son côté  trouve son mari trop dur. Pendant la dispute, qui devient de plus en plus calamiteuse, l'oiseau/garçon entre de nouveau en scène. Il occupe une position que nous appelons la position de la paix / retour de guerre. Cette position sera une scène clef dans la pièce. La mise en scène trouvera plusieurs stations dans la dramaturgie de la pièce pour établir des scènes de silence, qui nous révèlent la beauté du moment paisible. P.ex.: Il s'assoit à une table, il coupe une pomme, il trouve sa propre paix.

Un saut dans le temps nous emmène dans l’année 1939. Le couple voyage dans le passé. Maintenant l’homme et la femme sont deux enfants, qui se cachent dans cette maison, qui a été attaquée par des Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale.

Quand Eiréné s’en va, tout en silence, on revient dans le présent. Notre oiseau arrive en Allemagne. Un couple ouvre la porte d’une maison n’importe où.

„Guten Tag! Wo kommen Sie her?“

Eiréné ne parle pas allemand. Cette fois, c’est l’homme qui s’intéresse énormément au jeune homme. Il appelle Eiréné « einen schrägen Vogel » (« un drôle d'oiseau ») et lui offre de quoi manger, propose de boire un verre avec lui, puis il lui donne des vêtements. Ils parlent avec des mains et des pieds. C’est presqu’une danse, cette conversation. La femme est irritée. L'étranger – qui  ne sait pas ce qu'on lui demande de faire - exerce sur son mari une attirance inattendue. Elle le fout dehors. Alors que la porte se referme derrière lui, le couple allemand se dispute… et durant les querelles du couple Eiréné revient sur scène. Il s’allonge dans un lit. Et il y dort, paisiblement. Maintenant c’est la perspective allemande qui est racontée. Nous sommes en 1939… un jeune couple en fuite. Ils cherchent des pièces pour la nuit, et ils sont rejetés. Des bombes tombent.
 
Tournée
France et Allemagne : saisons 2020, 2021, 2022
 
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